Veni, vidi, vixi
Ce poème de Victor Hugo, extrait du recueil 'Les Orientales', est une méditation lyrique et sombre sur la vieillesse, la solitude et le sentiment d'avoir épuisé le sens de l'existence. Le titre, emprunté à la célèbre formule de Jules César ('Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu'), est ici détourné en 'Je suis venu, j'ai vu, j'ai vécu', soulignant une existence achevée plutôt qu'un triomphe. Le poète y exprime une profonde lassitude et un désenchantement face à la vie qui s'achève, dans un registre élégiaque poignant.
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Le texte intégral
""J'ai bien assez vécu, puisque dans mes douleurs / Je marche, sans trouver de bras qui me secourent""
— Victor Hugo
Contexte historique
Victor Hugo publie 'Les Orientales' en 1829, à l'apogée du mouvement romantique en France. Ce recueil est marqué par l'exotisme, la fascination pour l'Orient et la liberté formelle. Cependant, 'Veni, vidi, vixi' se distingue par son ton intimiste et désespéré, loin des tableaux colorés qui caractérisent la plupart des pièces du recueil. Le poème est écrit à un moment charnière de la vie de Hugo, qui a 27 ans, mais anticipe avec une maturité troublante les sentiments de la vieillesse. Il reflète aussi une sensibilité romantique tourmentée, hantée par la mélancolie, le 'mal du siècle' et la confrontation avec la mort et la solitude existentielle.
À propos de Victor Hugo
Victor Hugo (1802-1885) est l'un des plus grands écrivains français, figure majeure du romantisme. Poète, dramaturge et romancier, son œuvre est immense et engagée. Des premiers recueils poétiques ('Odes et Ballades', 'Les Orientales') aux grands romans ('Notre-Dame de Paris', 'Les Misérables'), en passant par son théâtre ('Hernani', 'Ruy Blas'), il a marqué son siècle. Son engagement politique (pour la République, contre la peine de mort, exilé sous Napoléon III) et sa maîtrise de la langue en font un monument de la littérature française.
