Toast funèbre
"Toast funèbre" est un poème de Stéphane Mallarmé écrit en hommage à son ami et confrère poète Théophile Gautier, mort en 1872. Ce texte constitue une méditation profonde sur la mort, la gloire posthume et la fonction du poète. Mallarmé y explore le paradoxe de la disparition physique face à la survie de l'œuvre artistique. Le poème se présente comme un rituel funéraire où la parole poétique tente de transcender l'absence.
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Le texte intégral
""Le splendide génie éternel n'a pas d'ombre.""
— Stéphane Mallarmé
Contexte historique
Le poème fut composé en 1873 pour un recueil collectif en hommage à Théophile Gautier, publié finalement en 1877. Gautier était une figure majeure du Parnasse, mouvement littéraire qui prônait l'art pour l'art et la perfection formelle, auquel le jeune Mallarmé s'était initialement rattaché. La mort de Gautier survient dans une période de transition pour Mallarmé, qui développe alors sa propre esthétique symboliste, plus hermétique. Le contexte post-Commune de Paris (1871) et l'effondrement du Second Empire créent un climat de désenchantement propice aux réflexions sur la fragilité des choses. Mallarmé, alors professeur d'anglais, traverse une période de doute créatif et financier.
À propos de Stéphane Mallarmé
Stéphane Mallarmé (1842-1898) est un poète français majeur du symbolisme. Professeur d'anglais, il développe une poésie hermétique et exigeante, centrée sur la puissance suggestive du langage. Il anime les célèbres "mardis de la rue de Rome", rencontres littéraires influentes. Son œuvre, dont "L'Après-midi d'un faune" et "Un coup de dés jamais n'abolira le hasard", cherche à capturer l'essence pure des choses au-delà des apparences.
