CollègePaul VerlaineJadis et Naguère (1884)

Streets

"Streets" est un poème de Paul Verlaine qui mêle légèreté apparente et mélancolie profonde. Sous une forme de chanson dansante, le poète évoque le souvenir d'un amour perdu. Le refrain répétitif "Dansons la gigue !" crée un contraste saisissant avec la tristesse du propos. Ce poème illustre parfaitement l'art verlainien de suggérer l'émotion par le rythme et la musicalité.

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Le texte intégral

Dansons la gigue ! J'aimais surtout ses jolis yeux, Plus clairs que l'étoile des cieux, J'aimais ses yeux malicieux. Dansons la gigue ! Elle avait des façons vraiment De désoler un pauvre amant, Que c'en était vraiment charmant ! Dansons la gigue ! Mais je trouve encore meilleur Le baiser de sa bouche en fleur, Depuis qu'elle est morte à mon cœur. Dansons la gigue !

""J'aimais surtout ses jolis yeux, / Plus clairs que l'étoile des cieux" - Cette citation montre l'idéalisation de la femme aimée et l'importance du regard dans la mémoire amoureuse."

Paul Verlaine

Contexte historique

Publié en 1884 dans "Jadis et Naguère", ce recueil paraît à une période charnière de la vie de Verlaine, marquée par l'instabilité et les difficultés matérielles. Le poète sort de sa période d'incarcération et tente de renouer avec la vie littéraire parisienne. Le titre du recueil évoque cette tension entre un passé révolu ("Jadis") et un présent incertain ("Naguère"). Verlaine développe alors une esthétique de la simplicité et de la musicalité, s'éloignant des excès parnassiens de sa jeunesse. Le poème s'inscrit dans cette recherche d'une poésie plus directe et émotionnelle.

À propos de Paul Verlaine

Paul Verlaine (1844-1896) est l'un des plus importants poètes français du XIXe siècle, considéré comme un maître du symbolisme. Sa vie tumultueuse, marquée par sa relation passionnelle avec Arthur Rimbaud, l'alcoolisme et l'instabilité, contraste avec la délicatesse de sa poésie. Il développe une esthétique fondée sur la musicalité, la suggestion et l'expression des émotions subtiles, exprimée dans des recueils comme "Poèmes saturniens" (1866), "Fêtes galantes" (1869) et "Romances sans paroles" (1874).

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