CollègeVictor HugoLes Feuilles d’automne (1831)

Soleils couchants

Soleils couchants, de Victor Hugo, est rattaché au recueil Les Feuilles d’automne (1831). Texte de Victor Hugo, distinct du poème homonyme de Paul Verlaine. Il s’agit d’une sélection, pas de l’ensemble des cinq parties de Soleils couchants.

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Soleils couchants · Victor Hugo

Voix de synthèse · pauses adaptées aux vers et aux strophes

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Le texte intégral

J'aime les soirs sereins et beaux, j'aime les soirs, Soit que le brun été les voile de ses ors, Soit que le blanc hiver les change en blancs miroirs. J'aime à voir, dans le val, la rivière limpide Courir sur un lit d'or, entre deux bords de jade, Où le saule pleureur baise le flot humide. J'aime à voir, au couchant, la lumière qui fuit, Et, dans les champs déserts, la charrue qui luit, Et, sur l'océan sombre, errer la lune blanche. J'aime à voir, dans les bois, les vieux troncs contournés Se dresser, tout couverts de lichens et de mousses, Comme des spectres noirs sur des linceuls glacés. J'aime à voir, dans les cieux, les nuages flottants Qui, pareils à des rocs ou bien à des géants, Portent dans leurs flancs sombres des éclairs éclatants. J'aime à voir, sur la mer, les vagues écumantes Se briser en sanglots sur les roches fumantes, Et les goélands blancs planer sur les tourmentes. J'aime à voir, au printemps, dans les prés émaillés, Les papillons joyeux voltiger par milliers, Et les abeilles d'or butiner les rosiers. J'aime à voir, en automne, aux branches dépouillées, Les nids vides, berceaux des familles envolées, Et les feuilles qui font un tapis sous mes pieds. J'aime à voir, en hiver, quand la bise siffle, Le vieux mendiant grelottant sous son chiffon, Et la neige qui met un linceul sur la ville. J'aime à voir, en tout temps, en tout lieu, sous tout ciel, Voir la nature immense, et l'homme sous le ciel, Et l'ombre, et la lumière, et le vent, et le gel. J'aime à voir, ô mon Dieu ! cette œuvre de vos mains, Et, dans ce vaste monde où s'agitent les hommes, J'aime à voir, à travers toutes les voix humaines, La grande voix de fer de la mer sur les grèves, Et la grande voix d'or des cloches dans les rêves.

""J'aime les soirs sereins et beaux, j'aime les soirs, / Soit que le brun été les voile de ses ors, / Soit que le blanc hiver les change en blancs miroirs.""

Victor Hugo

Contexte historique

Le recueil de référence est Les Feuilles d’automne, publié en 1831. La notice de collection a été rectifiée d’après les éditions citées ; les analyses proposées sur le site restent des pistes de lecture à confronter au texte.

À propos de Victor Hugo

Victor Hugo (1802-1885) est un écrivain, poète, dramaturge et homme politique français, chef de file du mouvement romantique. Auteur d'œuvres monumentales comme « Les Misérables », « Notre-Dame de Paris » ou « Les Contemplations », il a marqué son siècle par son engagement politique (pour la République, contre la peine de mort) et son immense production littéraire. Son exil de 1851 à 1870, après son opposition à Napoléon III, est une période de création intense (« Les Châtiments », « Les Contemplations », « La Légende des siècles »).

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