Ô souvenirs
Ce poème est un extrait célèbre du livre V des 'Châtiments', recueil satirique de Victor Hugo. Il constitue une pause lyrique et tendre au milieu des vers vengeurs dirigés contre Napoléon III. Le poète y évoque avec une grande émotion les souvenirs heureux de la vie familiale, centrés sur sa fille Léopoldine, morte tragiquement en 1843. Cette évocation du bonheur passé, située dans la maison familiale des Roches à Bièvres, contraste violemment avec l'exil et la douleur du présent.
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Le texte intégral
""Ô souvenirs ! printemps ! aurore ! / Doux rayon triste et réchauffant !""
— Victor Hugo
Contexte historique
Victor Hugo écrit 'Les Châtiments' durant son exil à Jersey, après le coup d'État du 2 décembre 1851 de Louis-Napoléon Bonaparte. Le recueil, publié en 1853, est une arme politique et poétique pour dénoncer 'Napoléon le Petit' et défendre les idéaux républicains. 'Ô souvenirs' s'insère dans ce contexte de combat, mais offre un moment d'intimité et de recueillement. Il rappelle que derrière le pamphlétaire se cache un père meurtri, exilé loin de sa patrie et hanté par le souvenir de sa fille disparue. Ce poème montre comment l'engagement politique et le deuil intime se nourrissent mutuellement dans l'œuvre hugolienne.
À propos de Victor Hugo
Victor Hugo (1802-1885) est un écrivain, poète, dramaturge et homme politique français, chef de file du mouvement romantique. Auteur d'œuvres monumentales comme 'Notre-Dame de Paris', 'Les Misérables', 'Les Contemplations' ou 'La Légende des siècles', il a marqué son siècle. Républicain engagé, il s'exile après le coup d'État de Napoléon III (1851-1870). Sa vie est aussi marquée par des drames personnels, notamment la mort par noyade de sa fille Léopoldine en 1843, qui influence profondément son œuvre.
