Les Coquillages
Ce poème de Paul Verlaine, extrait du recueil 'Fêtes galantes', est une méditation lyrique sur l'amour et la mémoire. Le poète établit une correspondance entre les coquillages d'une grotte, lieu d'un souvenir amoureux, et les émotions partagées avec l'être aimé. Chaque coquillage devient le réceptacle symbolique d'un sentiment, d'une couleur ou d'une sensation liée à la passion. Verlaine y déploie son art de la suggestion et de la musicalité pour évoquer l'intimité d'un couple.
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Le texte intégral
""Chaque coquillage incrusté / Dans la grotte où nous nous aimâmes / A sa particularité.""
— Paul Verlaine
Contexte historique
Publié en 1869, 'Fêtes galantes' s'inscrit dans le mouvement du Parnasse, bien que Verlaine s'en émancipe déjà par son lyrisme personnel. Le recueil s'inspire des fêtes galantes du XVIIIe siècle, peintes par Watteau, évoquant des scènes de divertissement aristocratique dans des parcs. Cependant, Verlaine y infuse une mélancolie et une introspection modernes, dépassant le simple pastiche. La période est marquée par la fin du Second Empire et une effervescence littéraire à Paris. Verlaine, jeune poète, y affine son style fait de nuances, de musicalité et d'évocation suggestive, annonçant déjà la poésie symboliste.
À propos de Paul Verlaine
Paul Verlaine (1844-1896) est l'un des poètes majeurs du XIXe siècle français. D'abord associé au Parnasse, il devient une figure centrale du symbolisme. Son œuvre, marquée par une grande musicalité ('De la musique avant toute chose'), explore les nuances des sentiments, la mélancolie, la spiritualité et les tourments de l'âme. Sa vie fut mouvementée, entre son mariage, sa passion tumultueuse avec Arthur Rimbaud, l'emprisonnement qui s'ensuivit, et ses errances. 'Fêtes galantes' (1869), 'Romances sans paroles' (1874) et 'Sagesse' (1881) comptent parmi ses recueils les plus célèbres.
