CollègeGuillaume Apollinaire•Alcools (1913)
Les Colchiques
Poème mélancolique sur l'amour empoisonné, *Les Colchiques* associe la beauté vénéneuse d'une fleur d'automne aux yeux de la femme aimée. La nature devient métaphore d'une passion destructrice.
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Les Colchiques
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Le texte intégral
Le pré est vénéneux mais joli en automne
Les vaches y paissant
Lentement s'empoisonnent
Le colchique couleur de cerne et de lilas
Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là
Violâtres comme leur cerne et comme cet automne
Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne
Les enfants de l'école viennent avec fracas
Vêtus de hoquetons et jouant de l'harmonica
Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères
Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières
Qui battent comme les fleurs battent au vent dément
Le gardien du troupeau chante tout doucement
Tandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent
Pour toujours ce grand pré mal fleuri par l'automne
"Le pré est vénéneux mais joli en automne"
— Guillaume Apollinaire
Contexte historique
Écrit lors du séjour d'Apollinaire en Rhénanie en 1901-1902, ce poème évoque Annie Playden, la gouvernante anglaise dont il était épris sans retour. Le colchique, fleur toxique d'automne, symbolise l'amour empoisonné.
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