Heureux qui, comme Ulysse
Ce sonnet, l'un des plus célèbres de la poésie française, exprime avec une émotion sincère la nostalgie du poète pour son pays natal. Joachim du Bellay, exilé à Rome, y célèbre la simplicité et la douceur de son Anjou natal, qu'il oppose aux splendeurs de la capitale italienne.
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Le texte intégral
""Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux, / Que des palais Romains le front audacieux""
— Joachim du Bellay
Contexte historique
Joachim du Bellay écrit ce poème lors de son séjour à Rome entre 1553 et 1557, en tant que secrétaire de son cousin, le cardinal Jean du Bellay. Ce voyage, censé être une opportunité, se transforme en exil douloureux. Le recueil 'Les Regrets', publié en 1558 à son retour, rassemble des poèmes qui expriment sa mélancolie, sa critique de la cour pontificale et surtout sa profonde nostalgie pour la France et son petit village de Liré, en Anjou. Ce sentiment s'inscrit dans le mouvement de la Pléiade, dont Du Bellay est un membre éminent, qui cherche à renouveler la poésie française en s'inspirant des modèles antiques, mais aussi en valorisant la langue et les thèmes nationaux.
À propos de Joachim du Bellay
Joachim du Bellay (1522-1560) est un poète français de la Renaissance, membre fondateur du groupe de la Pléiade. Né en Anjou, il se rend à Paris pour étudier le droit mais se tourne vers la poésie sous l'influence de son ami Pierre de Ronsard. Avec ce dernier, il rédige le manifeste 'Défense et illustration de la langue française' (1549), qui prône l'enrichissement de la poésie française par l'imitation des Anciens et des Italiens. Son œuvre la plus célèbre, 'Les Regrets' (1558), est un recueil de sonnets largement autobiographiques écrits lors de son séjour à Rome, mêlant satire, mélancolie et lyrisme personnel.
