En patinant
Ce poème de Paul Verlaine, extrait du recueil 'Jadis et Naguère', capture une scène hivernale de patinage. Il peint un tableau vivant où le mouvement des patineurs s'harmonise avec la lumière déclinante du couchant. Par sa structure répétitive et son rythme, il évoque la circularité du jeu et l'instant éphémère. C'est une œuvre où la sensation physique et la joie simple sont transfigurées par la poésie.
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Le texte intégral
""Le couchant dardait ses rayons suprêmes / Sur le bassin où des patineurs, blêmes / De froid, mais la joie au cœur, tournoyaient""
— Paul Verlaine
Contexte historique
Le poème est publié en 1884 dans 'Jadis et Naguère', recueil qui marque un retour de Verlaine à la poésie après une période difficile marquée par l'emprisonnement et l'errance. Cette période correspond à la fin du mouvement parnassien, dont Verlaine s'éloigne, et à l'affirmation du symbolisme, dont il est l'une des figures majeures. Le thème de la ville et des loisirs modernes, comme le patinage, apparaît dans la poésie de l'époque. Le poème reflète aussi l'intérêt de Verlaine pour la musique et la sensation pure, caractéristiques de sa poétique mature. Il s'inscrit dans une recherche de simplicité et d'impression, loin des grands sujets historiques.
À propos de Paul Verlaine
Paul Verlaine (1844-1896) est un poète français majeur de la seconde moitié du XIXe siècle. D'abord associé au Parnasse, il devient une figure centrale du symbolisme. Sa poésie, musicale et suggestive, cherche à exprimer les nuances des sentiments et des sensations. Sa vie fut tumultueuse, marquée par sa relation passionnelle et destructrice avec Arthur Rimbaud, l'alcool, la prison et une instabilité permanente. Son œuvre, notamment les recueils 'Poèmes saturniens', 'Fêtes galantes', 'Romances sans paroles' et 'Sagesse', a profondément influencé la poésie moderne.
