À quoi songeaient
Ce poème de Victor Hugo met en scène un dialogue entre un vieillard et un enfant traversant une forêt à la nuit tombante. Par une structure répétitive et incantatoire, l'enfant interroge son aîné sur les perceptions inquiétantes ou mystérieuses qui l'assaillent. Le vieillard répond systématiquement par des explications rationnelles et terrestres, créant un contraste saisissant entre l'imagination enfantine et l'expérience adulte. Cette ballade nocturne explore les frontières entre le réel et l'imaginaire, l'innocence et la sagesse.
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Le texte intégral
"« — Mon fils, c'est la mort, dit le vieillard. Alors l'enfant se tut, et tous deux cheminèrent en silence à travers la forêt obscure. »"
— Victor Hugo
Contexte historique
Publié en 1831 dans 'Les Feuilles d'automne', ce recueil paraît à un moment charnière de la vie de Hugo et de l'histoire française. La Révolution de Juillet 1830 vient de renverser Charles X et installé la monarchie de Juillet de Louis-Philippe. Hugo, initialement légitimiste, évolue vers des positions plus libérales. Le recueil, écrit entre 1829 et 1831, reflète cette période de transition personnelle et historique. Il marque aussi une étape dans l'évolution poétique de Hugo, qui s'éloigne du lyrisme purement personnel pour aborder des thèmes plus universels et sociaux. La forêt, cadre du poème, peut être lue comme une métaphore de cette époque incertaine, où les repères anciens vacillent.
À propos de Victor Hugo
Victor Hugo (1802-1885) est l'un des plus grands écrivains français, figure majeure du romantisme. Poète, dramaturge et romancier, son œuvre est immense et engagée. Auteur de recueils poétiques fondateurs comme 'Les Orientales' (1829), 'Les Feuilles d'automne' (1831) ou 'Les Contemplations' (1856), de pièces de théâtre comme 'Hernani' (1830) qui provoqua la fameuse « bataille » et 'Ruy Blas' (1838), et de romans monumentaux comme 'Notre-Dame de Paris' (1831) et 'Les Misérables' (1862). Son engagement politique, d'abord royaliste puis républicain, le conduira à un long exil de 1851 à 1870 après le coup d'État de Napoléon III.
