À Clymène
« À Clymène » est un poème emblématique de Paul Verlaine, extrait du recueil « Romances sans paroles ». Il s'adresse à une femme aimée, Clymène, à travers un éloge sensoriel et mystique. Le poète y célèbre la puissance évocatrice de la bien-aimée, dont les traits physiques et la présence se transforment en une expérience musicale et spirituelle. Ce texte illustre parfaitement la recherche verlainienne d'une poésie suggestive, où la musique prime sur le sens littéral.
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Le texte intégral
"« Ah ! puisque tout ton être, / Musique qui pénètre, / Nimbes d'anges défunts, / Tons et parfums »"
— Paul Verlaine
Contexte historique
« Romances sans paroles » est publié en 1874, une période tourmentée de la vie de Verlaine, marquée par sa relation passionnelle et tumultueuse avec Arthur Rimbaud. Le recueil est écrit en partie lors de leur fuite en Belgique et en Angleterre. Il s'inscrit dans le mouvement symboliste naissant, qui privilégie la suggestion, les correspondances et la musicalité du vers par rapport au réalisme ou au lyrisme romantique direct. Le titre même du recueil, « Romances sans paroles », annonce une poésie qui cherche à exprimer l'ineffable par le rythme et la sonorité, au-delà du discours rationnel. Le poème « À Clymène » incarne cette esthétique de l'impression et de la sensation pure.
À propos de Paul Verlaine
Paul Verlaine (1844-1896) est un poète français majeur de la seconde moitié du XIXe siècle. D'abord associé au Parnasse, il devient une figure centrale du mouvement symboliste. Sa poésie est caractérisée par la musicalité, la suggestion et l'expression des états d'âme. Sa vie fut mouvementée, marquée par son mariage, sa passion destructrice pour Arthur Rimbaud (qui inspira une partie des « Romances sans paroles »), l'emprisonnement, et ses luttes contre l'alcool. Son œuvre, dont « Poèmes saturniens », « Fêtes galantes », « Romances sans paroles » et « Sagesse », a profondément influencé la poésie moderne.
