Moesta et errabunda
Ce poème de Baudelaire, adressé à une femme nommée Agathe, explore le désir d'évasion face à la laideur du monde moderne. Il oppose l'univers urbain, corrompu et triste, à l'image idéalisée de la mer et des paradis perdus de l'enfance. La structure en questions répétées et en refrains crée une musicalité mélancolique. L'œuvre illustre parfaitement la tension baudelairienne entre spleen et idéal.
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Le texte intégral
""Emporte-moi, wagon ! enlève-moi, frégate ! / Loin ! loin ! ici la boue est faite de nos pleurs !""
— Charles Baudelaire
Contexte historique
Baudelaire écrit au milieu du XIXe siècle, période de transformations urbaines radicales avec les travaux d'Haussmann à Paris. La modernité naissante engendre un sentiment de malaise chez de nombreux artistes. "Le Spleen de Paris", publié à titre posthume en 1869, rompt avec les formes poétiques traditionnelles par son style en prose. Le poème "Moesta et errabunda" (triste et errante) s'inscrit dans cette recherche d'une nouvelle expression poétique, tout en conservant une structure versifiée. Il reflète le désenchantement du poète face à la société industrielle et son aspiration à un ailleurs pur.
À propos de Charles Baudelaire
Charles Baudelaire (1821-1867) est un poète français majeur du XIXe siècle. Auteur des "Fleurs du Mal" (1857), œuvre condamnée pour outrage à la morale publique, il est considéré comme un précurseur du symbolisme et de la modernité poétique. Son œuvre explore les thèmes de la beauté, du spleen (mélancolie profonde), de la ville, de l'idéal et de la chute. "Le Spleen de Paris" est un recueil de poèmes en prose publié après sa mort.
