Le Chat
Ce poème en prose, extrait du recueil 'Le Spleen de Paris', est une adresse directe au chat, animal fétiche de Baudelaire. Le poète établit un parallèle saisissant entre l'animal et la femme aimée, créant une fusion sensuelle et mystérieuse. À travers cette évocation, Baudelaire explore les thèmes du désir, de la dualité et de la fascination pour la beauté froide et dangereuse. Le chat devient ainsi un médiateur entre le poète et l'objet de son désir.
Écouter le poème
Le texte intégral
""Je vois ma femme en esprit. Son regard, / Comme le tien, aimable bête, / Profond et froid, coupe et fend comme un dard""
— Charles Baudelaire
Contexte historique
Publié à titre posthume en 1869 dans 'Le Spleen de Paris', ce poème s'inscrit dans le mouvement littéraire du symbolisme et dans l'esthétique baudelairienne du 'spleen'. Le XIXe siècle est marqué par une rupture avec le romantisme traditionnel et l'émergence d'une poésie urbaine et moderne. Baudelaire, figure majeure de cette transition, explore les contradictions de l'âme humaine dans le cadre de la ville moderne. 'Le Spleen de Paris' révolutionne la forme poétique en adoptant le poème en prose, libéré des contraintes métriques. Le chat, animal à la fois domestique et sauvage, incarne parfaitement les dualités chères à l'auteur.
À propos de Charles Baudelaire
Charles Baudelaire (1821-1867) est un poète français majeur du XIXe siècle, précurseur du symbolisme et théoricien de la modernité. Son œuvre la plus célèbre, 'Les Fleurs du Mal' (1857), fut condamnée pour outrage à la morale publique. Il est également l'auteur des 'Petits Poèmes en prose' (posthume, 1869), recueil également connu sous le titre 'Le Spleen de Paris'. Son esthétique explore la beauté dans le mal, le spleen (ennui profond), la ville moderne et les correspondances entre les sens.
