La Beauté
Ce sonnet, placé dans la section "Spleen et Idéal" des Fleurs du mal, donne la parole à la Beauté elle-même. Elle se présente comme une entité froide, immuable et fascinante, à la fois idéale et cruelle. Baudelaire explore ici le paradoxe d'une beauté absolue mais inhumaine, source d'inspiration et de tourment pour l'artiste. Le poème interroge le rapport complexe entre l'art, l'idéal et la souffrance qu'il engendre.
Écouter le poème
Vocabulaire à retenir
Blessé, contusionné ; ici, métaphoriquement, blessé dans son amour ou son admiration.
Silencieux, qui ne parle pas ; ici, qui ne s'exprime pas.
Être assis sur un trône, régner ; ici, dominer de haut.
Créature mythologique à corps de lion et tête humaine, posant des énigmes ; symbole de mystère.
Sévères, rigoureux, sans agrément superflu.
Captiver, attirer irrésistiblement par un pouvoir presque magique.
Soumis, obéissants, faciles à conduire.
Questions de compréhension
Qui prend la parole dans ce poème ?
facileRelevez deux comparaisons qui décrivent la Beauté. Que suggèrent-elles ?
moyenPourquoi la Beauté dit-elle haïr "le mouvement qui déplace les lignes" ?
moyenQuel est le sort réservé aux poètes selon les derniers vers ?
facileEn quoi les yeux de la Beauté sont-ils comparables à des miroirs ?
moyenPour aller plus loin
On pourra comparer cette vision de la Beauté avec celle des Parnassiens (Théophile Gautier, "L'Art") pour qui la beauté formelle et impassible est un idéal. Lire aussi la section "Spleen et Idéal" dans son ensemble pour saisir la tension constante qui structure le recueil. En peinture, on peut rapprocher cette esthétique des œuvres de Gustave Moreau, symboliste fasciné par les figures féminines fatales et hiératiques.
