CollègeAlphonse de LamartineMéditations poétiques (1820)

L'Automne

« L'Automne » est un poème emblématique d'Alphonse de Lamartine, extrait de son premier recueil « Méditations poétiques » qui marqua l'avènement du romantisme français. Le poète y établit un parallèle poignant entre le déclin de la nature en automne et sa propre mélancolie face à la fuite du temps et à l'approche de la mort. Ce texte lyrique célèbre la beauté mélancolique des derniers beaux jours tout en exprimant un profond regret pour les bonheurs non vécus. Il illustre parfaitement la sensibilité romantique qui cherche dans le paysage un écho aux états d'âme.

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L'Automne
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Le texte intégral

Salut ! bois couronnés d'un reste de verdure ! Feuillages jaunissants sur les gazons épars ! Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature Convient à la douleur et plaît à mes regards ! Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire ; J'aime à revoir encor, pour la dernière fois, Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière Perce à peine à mes pieds l'obscurité des bois ! Oui, dans ces jours d'automne où la nature expire, A ses regards voilés, je trouve plus d'attraits : C'est l'adieu d'un ami, c'est le dernier sourire Des lèvres que la mort va fermer pour jamais ! Ainsi, prêt à quitter l'horizon de la vie, Pleurant de mes longs jours l'espoir évanoui, Je me retourne encore, et d'un regard d'envie Je contemple ces biens dont je n'ai pas joui ! Terre, soleil, vallons, belle et douce nature, Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau ! L'air est si parfumé ! la lumière est si pure ! Aux regards d'un mourant le soleil est si beau ! Je voudrais maintenant vider jusqu'à la lie Ce calice mêlé de nectar et de fiel : Au fond de cette coupe où je buvais la vie, Peut-être restait-il une goutte de miel ! Peut-être l'avenir me gardait-il encore Un retour de bonheur dont l'espoir est perdu ! Peut-être, dans la foule, une âme que j'ignore Aurait compris mon âme, et m'aurait répondu !... La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire ; A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux ; Moi, je meurs ; et mon âme, au moment qu'elle expire, S'exhale comme un son triste et mélodieux.

""C'est l'adieu d'un ami, c'est le dernier sourire / Des lèvres que la mort va fermer pour jamais !""

Alphonse de Lamartine

Contexte historique

« Méditations poétiques » est publié en 1820, une période de transition entre la fin de l'Empire napoléonien et la Restauration monarchique. Lamartine, alors jeune aristocrate en proie au « mal du siècle », exprime l'inquiétude et le désenchantement d'une génération. Le poème est marqué par le deuil de Julie Charles, la femme aimée qu'il a rencontrée à Aix-les-Bains en 1816 et qui est morte de tuberculose en 1817. Cette perte tragique nourrit le thème central de la fugacité du bonheur et de la vie. Le romantisme, alors naissant en France, privilégie l'expression des sentiments personnels et la communion avec la nature, ce que « L'Automne » incarne parfaitement. Le succès du recueil fut immédiat et établit Lamartine comme une figure majeure de la nouvelle poésie.

À propos de Alphonse de Lamartine

Alphonse de Lamartine (1790-1869) est un poète, écrivain et homme politique français. Il est considéré comme l'une des figures majeures du romantisme en France. Son premier recueil, « Méditations poétiques » (1820), dont est extrait « L'Automne », connaît un immense succès pour sa sensibilité nouvelle et son lyrisme personnel. Il fut également un orateur et un historien important, jouant un rôle durant la Révolution de 1848.

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