LycéeArthur Rimbaud•Poésies (1870)
Vénus Anadyomène
Poème provocateur de jeunesse, *Vénus Anadyomène* détourne le mythe de la déesse de la beauté sortant des eaux. Rimbaud présente une vision grotesque et réaliste qui brise l'idéal classique.
2 min
Audio disponible
Lycée
Écouter le poème
0:000:00
Clique sur play pour écouter la recitation
Vénus Anadyomène
0:00
Le texte intégral
Comme d'un cercueil vert en fer blanc, une tête
De femme à cheveux bruns fortement pommadés
D'une vieille baignoire émerge, lente et bête,
Avec des déficits assez mal ravaudés ;
Puis le col gras et gris, les larges omoplates
Qui saillent ; le dos court qui rentre et qui ressort ;
Puis les rondeurs des reins semblent prendre l'essor ;
La graisse sous la peau paraît en feuilles plates ;
L'échine est un peu rouge, et le tout sent un goût
Horrible étrangement ; on remarque surtout
Des singularités qu'il faut voir à la loupe...
Les reins portent deux mots gravés : CLARA VENUS ;
— Et tout ce corps remue et tend sa large croupe
Belle hideusement d'un ulcère à l'anus.
"Belle hideusement d'un ulcère à l'anus"
— Arthur Rimbaud
Contexte historique
Écrit en 1870 à l'âge de 16 ans, ce sonnet marque la rupture de Rimbaud avec les conventions poétiques. Il parodie les représentations académiques de Vénus et s'inscrit dans sa démarche de provocation et de renouvellement poétique.
#rimbaud#provocation#parodie#grotesque#réalisme#anti-romantisme
