Mon rêve familier
Dans ce sonnet emblématique des Poèmes saturniens, Verlaine explore les méandres d'un songe récurrent, celui d'une femme idéale et insaisissable. Ce poème cristallise la quête d'une compréhension absolue et d'un amour parfait, situé dans l'entre-deux du rêve et de la réalité. Il inaugure la veine mélancolique et musicale qui fera la singularité du poète.
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Le texte intégral
""Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même / Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.""
— Paul Verlaine
Contexte historique
Publié en 1866 dans le premier recueil de Verlaine, Poèmes saturniens, ce poème s'inscrit dans le contexte du Parnasse, mouvement qui prône l'art pour l'art et la perfection formelle, tout en annonçant déjà les accents plus personnels et musicaux du symbolisme. Verlaine, jeune poète de 22 ans, y exprime une sensibilité tourmentée, marquée par l'influence de Baudelaire et une quête d'idéal amoureux. Le titre du recueil, évoquant l'influence néfaste de la planète Saturne, place d'emblée l'œuvre sous le signe de la mélancolie et de la fatalité.
À propos de Paul Verlaine
Paul Verlaine (1844-1896) est l'une des figures majeures de la poésie française de la seconde moitié du XIXe siècle. Associé d'abord au Parnasse, il devient un précurseur du symbolisme avec des recueils comme *Fêtes galantes* (1869) et *Romances sans paroles* (1874). Sa poésie, marquée par une grande musicalité, une fluidité suggestive et l'expression d'une sensibilité tourmentée, cherche à « de la musique avant toute chose ». Sa vie, tumultueuse, est marquée par sa relation passionnelle et destructrice avec Arthur Rimbaud.
