LycéeGuillaume ApollinaireAlcools (1913)

Vendémiaire

Poème célébratoire et visionnaire, *Vendémiaire* clôt le recueil *Alcools*. Apollinaire y chante l'ivresse poétique et universelle, se proclamant 'gosier de Paris' qui boit le monde entier.

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Vendémiaire
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Le texte intégral

Hommes de l'avenir souvenez-vous de moi Je vivais à l'époque où finissaient les rois À la fin là-bas le soleil se couche Comme cette tête de roi que l'on tranche Tombant dans le panier et les yeux clos Écoutez-moi je suis le gosier de Paris Et je boirai encore s'il me plaît l'univers Écoutez mes chants d'universelle ivrognerie La nuit descend on allume les lampes Les villes répondent maintenant À mes paroles débordantes Ville qui chante de Pise où les étudiants boivent Avignon où roulent les soirs sur le Rhône Villes d'Allemagne où se balancent les grappes d'or Rouen Rouen ville qui est mon cœur natal Voici le temps de la Vendange du boire et des cantiques Tout va tourner dans ma tête ce soir Les villes les hommes les femmes ivres Univers ô toi mon ivre univers Je t'ai bu et ne fut pas désaltéré Mais je connus dès lors quelle saveur a l'univers Je suis ivre d'avoir bu tout l'univers Sur le quai où je me suis arrêté Fleuves qui coulent dans mes veines Écoute-moi maintenant Je chante la joie de chanter la joie elle-même Je chante le vin de la vigne et le vin de la vie Ô châteaux ô fleuves ô villes Ô continents ô mondes Je vous ai bus et je n'ai pas tari ma soif

"Je suis ivre d'avoir bu tout l'univers"

Guillaume Apollinaire

Contexte historique

Écrit en 1912, *Vendémiaire* emprunte son titre au calendrier révolutionnaire (mois des vendanges). Placé en fin d'*Alcools*, il fait écho aux révolutions poétiques du début du XXe siècle.

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