LycéeGuillaume Apollinaire•Alcools (1913)
Vendémiaire
Poème célébratoire et visionnaire, *Vendémiaire* clôt le recueil *Alcools*. Apollinaire y chante l'ivresse poétique et universelle, se proclamant 'gosier de Paris' qui boit le monde entier.
8 min
Audio disponible
Lycée
Écouter le poème
0:000:00
Clique sur play pour écouter la recitation
Vendémiaire
0:00
Le texte intégral
Hommes de l'avenir souvenez-vous de moi
Je vivais à l'époque où finissaient les rois
À la fin là-bas le soleil se couche
Comme cette tête de roi que l'on tranche
Tombant dans le panier et les yeux clos
Écoutez-moi je suis le gosier de Paris
Et je boirai encore s'il me plaît l'univers
Écoutez mes chants d'universelle ivrognerie
La nuit descend on allume les lampes
Les villes répondent maintenant
À mes paroles débordantes
Ville qui chante de Pise où les étudiants boivent
Avignon où roulent les soirs sur le Rhône
Villes d'Allemagne où se balancent les grappes d'or
Rouen Rouen ville qui est mon cœur natal
Voici le temps de la Vendange du boire et des cantiques
Tout va tourner dans ma tête ce soir
Les villes les hommes les femmes ivres
Univers ô toi mon ivre univers
Je t'ai bu et ne fut pas désaltéré
Mais je connus dès lors quelle saveur a l'univers
Je suis ivre d'avoir bu tout l'univers
Sur le quai où je me suis arrêté
Fleuves qui coulent dans mes veines
Écoute-moi maintenant
Je chante la joie de chanter la joie elle-même
Je chante le vin de la vigne et le vin de la vie
Ô châteaux ô fleuves ô villes
Ô continents ô mondes
Je vous ai bus et je n'ai pas tari ma soif
"Je suis ivre d'avoir bu tout l'univers"
— Guillaume Apollinaire
Contexte historique
Écrit en 1912, *Vendémiaire* emprunte son titre au calendrier révolutionnaire (mois des vendanges). Placé en fin d'*Alcools*, il fait écho aux révolutions poétiques du début du XXe siècle.
#apollinaire#alcools#ivresse#modernité#universalisme#prophétie#paris
