LycéeStéphane Mallarmé•Cosmopolis (1897)
Un coup de dés jamais n'abolira le hasard
Poème révolutionnaire de Mallarmé, *Un coup de dés* renouvelle radicalement la typographie et la mise en page poétiques. Le texte se déploie sur plusieurs pages avec des variations de taille et de position des mots, créant une architecture visuelle et musicale inédite.
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Un coup de dés jamais n'abolira le hasard
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Le texte intégral
UN COUP DE DÉS
JAMAIS
QUAND BIEN MÊME LANCÉ DANS DES CIRCONSTANCES ÉTERNELLES
DU FOND D'UN NAUFRAGE
soit
que
l'Abîme
blanchi
étale
furieux
sous une inclinaison
plane désespérément
d'aile
la sienne
par
avance retombée d'un mal à dresser le vol
et couvrant les jaillissements
coupant au ras les bonds
très à l'intérieur résume
l'ombre enfouie dans la profondeur par cette voile alternative
jusqu'adapter
à l'envergure
sa béante profondeur en tant que la coque
d'un bâtiment
penché de l'un ou l'autre bord
LE MAÎTRE
surgi
inférant
de cette conflagration
que se
comme on menace
l'unique Nombre qui ne peut pas
être un autre
N'ABOLIRA
LE HASARD
"UN COUP DE DÉS JAMAIS N'ABOLIRA LE HASARD"
— Stéphane Mallarmé
Contexte historique
Publié en 1897 dans la revue *Cosmopolis*, puis en 1914 dans une édition posthume, ce poème-objet est considéré comme l'un des textes fondateurs de la modernité poétique. Mallarmé y expérimente la spatialisation du texte sur la page.
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