Il pleut
« Il pleut » (1918) est l'un des calligrammes les plus célèbres d'Apollinaire. Dans l'édition originale, les vers sont disposés verticalement en obliques, comme des lignes de pluie tombant sur la page. Cette disposition typographique révolutionnaire fait fusionner le fond et la forme : le texte dessine visuellement ce qu'il décrit. Le poème évoque la mélancolie des souvenirs qui tombent comme une pluie intérieure, mêlant amours perdues et méditation existentielle. Apollinaire invente ici une poésie où l'œil et l'oreille collaborent, annonçant les expérimentations visuelles du XXe siècle.
Écouter le poème
Vocabulaire à retenir
Très petites gouttes d'eau
Dressés sur leurs pattes arrières (pour un cheval), ici en position de révolte
Cri du cheval
Relatif à l'oreille, qui concerne l'ouïe
Mépris marqué, sentiment de supériorité
Pour aller plus loin
Comparer avec les expérimentations visuelles des futuristes italiens (Marinetti) et de Mallarmé. Analyser comment la typographie devient signifiante. Étudier l'influence sur la poésie concrète (années 1950-60) et la poésie numérique contemporaine.
