LycéeGuillaume ApollinaireCalligrammes (1918)

Il pleut

« Il pleut » (1918) est l'un des calligrammes les plus célèbres d'Apollinaire. Dans l'édition originale, les vers sont disposés verticalement en obliques, comme des lignes de pluie tombant sur la page. Cette disposition typographique révolutionnaire fait fusionner le fond et la forme : le texte dessine visuellement ce qu'il décrit. Le poème évoque la mélancolie des souvenirs qui tombent comme une pluie intérieure, mêlant amours perdues et méditation existentielle. Apollinaire invente ici une poésie où l'œil et l'oreille collaborent, annonçant les expérimentations visuelles du XXe siècle.

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Il pleut
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Le texte intégral

Il pleut des voix de femmes comme si elles étaient mortes même dans le souvenir C'est vous aussi qu'il pleut merveilleuses rencontres de ma vie ô gouttelettes Et ces nuages cabrés se prennent à hennir tout un univers de villes auriculaires Écoute s'il pleut tandis que le regret et le dédain pleurent une ancienne musique Écoute tomber les liens qui te retiennent en haut et en bas

"Il pleut des voix de femmes comme si elles étaient mortes même dans le souvenir"

Guillaume Apollinaire

Contexte historique

Publié dans « Calligrammes » (1918), recueil composé pendant et après la Première Guerre mondiale. Les calligrammes représentent la tentative d'Apollinaire de renouveler radicalement la poésie en abolissant la ponctuation et en exploitant l'espace de la page comme dimension poétique. « Il pleut » est écrit vers 1914-1915, période où Apollinaire s'engage volontairement dans l'artillerie.

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