El Desdichado
« El Desdichado » est l'un des sonnets les plus énigmatiques et les plus célèbres de la poésie française. Ce poème, véritable autoportrait symbolique, plonge le lecteur dans un univers de deuil, de mythes et de quête identitaire, où le poète se présente comme un héros romantique marqué par la perte et la mélancolie.
Écouter le poème
Le texte intégral
""Ma seule étoile est morte, – et mon luth constellé / Porte le Soleil noir de la Mélancolie.""
— Gérard de Nerval
Contexte historique
Publié en 1854 dans le recueil « Les Chimères », « El Desdichado » est composé à une période charnière de la vie de Gérard de Nerval, alors qu'il sort de graves crises de folie et d'internements. Le titre, qui signifie « Le Désespéré » ou « Le Déshérité » en espagnol, évoque la figure du chevalier noir des romans de Walter Scott, symbole du héros maudit et solitaire. Nerval, profondément marqué par la mort de l'actrice Jenny Colon (son « étoile ») et par ses propres délires, forge ici une mythologie personnelle où se mêlent souvenirs réels, références littéraires et figures légendaires, dans une tentative de donner un sens à sa souffrance et de reconstruire son identité brisée.
À propos de Gérard de Nerval
Gérard de Nerval (1808-1855), de son vrai nom Gérard Labrunie, est une figure majeure du romantisme français. Précurseur du symbolisme et de la modernité poétique, son œuvre est hantée par le rêve, le mythe, le folklore et l'occultisme. Atteint de crises de folie à répétition, il a transformé ses expériences de délire et ses voyages (notamment en Orient) en une poésie visionnaire et profondément personnelle. Il s'est suicidé en 1855. « Les Chimères » est considéré comme son chef-d'œuvre poétique.
