LycéeStéphane MallarméPoésies (1887)

Brise marine

Poème du mal-être et du désir d'évasion. Le poète, lassé de sa vie et de la littérature, rêve de fuir vers des horizons marins inconnus. Œuvre majeure du symbolisme français.

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Brise marine
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Le texte intégral

La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres. Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres D'être parmi l'écume inconnue et les cieux ! Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux Ne retiendra ce cœur qui dans la mer se trempe Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe Sur le vide papier que la blancheur défend Et ni la jeune femme allaitant son enfant. Je partirai ! Steamer balançant ta mâture, Lève l'ancre pour une exotique nature ! Un Ennui, désolé par les cruels espoirs, Croit encore à l'adieu suprême des mouchoirs ! Et, peut-être, les mâts, invitant les orages, Sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots... Mais, ô mon cœur, entends le chant des matelots !

""La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres.""

Stéphane Mallarmé

Contexte historique

Publié en 1887 dans le recueil *Poésies*, ce poème symboliste exprime la crise existentielle de Mallarmé face à l'impuissance créatrice (la page blanche) et à l'ennui bourgeois. La mer devient symbole d'absolu et d'infini inaccessible. Le poème reflète le thème baudelairien du voyage comme quête d'idéal.

À propos de Stéphane Mallarmé

Stéphane Mallarmé (1842-1898) est un poète français, figure majeure du symbolisme. Professeur d'anglais, il tient un salon littéraire influent à Paris. Son œuvre, exigeante et hermétique, explore les limites du langage poétique. Ses 'Mardis' réunissent Verlaine, Valéry et les jeunes symbolistes.

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