Ballade des pendus
Depuis le gibet, une voix s'élève pour implorer la pitié des vivants. Ce poème saisissant, écrit comme une épitaphe par des condamnés à mort, est l'un des textes les plus bouleversants de la littérature médiévale. Il donne une voix aux damnés et interroge notre humanité face à la mort et à la justice.
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Le texte intégral
""Frères humains qui après nous vivez, / N'ayez les cœurs contre nous endurcis""
— François Villon
Contexte historique
François Villon écrit cette ballade vers 1462, probablement après avoir été condamné à mort (peine commuée en bannissement) pour une rixe ayant entraîné la mort d'un prêtre. Le poème s'inscrit dans son œuvre majeure, 'Le Testament', où il fait le bilan de sa vie de marginal et d'écolier turbulent. Au XVe siècle, les exécutions publiques par pendaison sont courantes, et les corps des condamnés restent exposés sur les gibets comme avertissement. Villon transpose cette réalité macabre en une méditation poétique universelle, s'inspirant peut-être de la vue du gibet de Montfaucon à Paris.
À propos de François Villon
François de Montcorbier, dit François Villon (1431-1463 ?), est le poète français le plus célèbre du Moyen Âge finissant. Écolier de l'Université de Paris, sa vie est marquée par la marginalité, les rixes, les vols et les séjours en prison. Sa poésie, écrite en français et non en latin, mêle l'argot des cours des miracles, l'érudition scolastique, l'humour grivois et une profonde mélancolie existentielle. Ses œuvres majeures, 'Le Lais' (1456) et 'Le Testament' (1461-1462), sont des testaments poétiques où il lègue ses biens (réels ou imaginaires) et médite sur la mort, le temps qui passe et la condition humaine.
