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Le Petit Poucet

Un conte de Charles Perrault

Il était une fois...

Il était une fois un bûcheron et une bûcheronne qui avaient sept enfants, tous garçons. Le plus jeune était extrêmement petit à sa naissance. Il n'était guère plus gros que le pouce, ce qui fit qu'on l'appela le Petit Poucet.

Ce pauvre enfant était le souffre-douleur de la maison, et on lui donnait toujours le tort. Cependant, il était le plus fin et le plus avisé de tous ses frères, et s'il parlait peu, il écoutait beaucoup.

💔 La grande famine

Il vint une année très fâcheuse où la famine fut si grande que ces pauvres gens résolurent de se défaire de leurs enfants. Un soir, après les avoir couchés, le bûcheron dit à sa femme : « Tu vois bien que nous ne pouvons plus nourrir nos enfants. Je ne saurais les voir mourir de faim devant mes yeux. Je veux les mener perdre demain dans la forêt. »

Le Petit Poucet entendit tout ce qu'ils dirent. Il sortit et ramassa des petits cailloux blancs qu'il mit dans sa poche.

Le chemin de cailloux

Le lendemain matin, ils partirent tous dans la forêt. Le Petit Poucet laissait tomber le long du chemin les petits cailloux blancs qu'il avait dans ses poches.

Arrivés au plus épais de la forêt, le père et la mère s'enfuirent pendant que les enfants s'amusaient à faire des fagots. Quand les enfants se virent seuls, ils se mirent à crier et à pleurer de toute leur force.

Le Petit Poucet les laissa crier, sachant bien par où il reviendrait à la maison. Il leur dit : « Ne craignez point, mes frères ; mon père et ma mère nous ont laissés ici, mais je vous ramènerai bien au logis. Suivez-moi seulement. »

Ils le suivirent, et il les mena jusqu'à leur maison par le même chemin qu'ils étaient venus dans la forêt. Les parents furent surpris et contents de revoir leurs enfants.

La deuxième fois - les miettes de pain

Peu de temps après, la misère revint. Les parents décidèrent de nouveau d'abandonner leurs enfants. Cette fois, le Petit Poucet ne put sortir ramasser des cailloux car la porte était fermée à clef.

Le matin, on leur donna à chacun un morceau de pain pour leur déjeuner. Le Petit Poucet pensa qu'il pourrait se servir de son pain au lieu de cailloux, en le jetant par miettes tout le long du chemin.

🐦 Le piège des oiseaux

Mais le Petit Poucet fut bien surpris lorsqu'il ne put retrouver une seule miette : les oiseaux étaient venus qui avaient tout mangé ! Les enfants étaient perdus !

La maison de l'ogre

Ils marchèrent toute la journée. À la nuit tombée, ils aperçurent une petite lumière. Ils arrivèrent à une grande maison où demeurait un ogre. La femme de l'ogre les fit entrer et les cacha, car son mari mangeait les petits enfants.

👹 L'OGRE ARRIVE !

« Je sens la chair fraîche ! » rugit l'ogre en rentrant.

L'ogre découvrit les sept garçons. Il se réjouit et dit à sa femme de les préparer pour son souper du lendemain. L'ogre avait sept filles qui portaient toutes de petites couronnes d'or sur la tête.

La ruse des couronnes

Le Petit Poucet, craignant que l'ogre ne se repentît de ne les avoir pas égorgés dès le soir même, se leva vers le milieu de la nuit. Il prit les bonnets de ses frères et le sien, et alla tout doucement les mettre sur la tête des sept filles de l'ogre, après leur avoir ôté leurs couronnes d'or qu'il mit sur la tête de ses frères et sur la sienne.

🧠 GÉNIE !

L'ogre se réveilla dans la nuit et monta à tâtons.
Sentant les couronnes d'or, il pensa : « Ce sont mes filles. »
Sentant les bonnets, il dit : « Ah ! les voilà, nos gaillards ! »
Et il égorgea ses sept filles par erreur !

Le Petit Poucet réveilla ses frères et ils s'enfuirent de toute la vitesse de leurs jambes.

Les bottes de sept lieues

Quand l'ogre s'aperçut de son erreur, il fut furieux. Il chaussa ses bottes de sept lieues (des bottes magiques avec lesquelles il faisait sept lieues d'un seul pas) et se lança à leur poursuite.

Les enfants le virent passer de montagne en montagne, et traverser des rivières aussi aisément qu'il aurait fait un petit ruisseau. Ils se cachèrent sous un rocher creux.

L'ogre, qui était fatigué, s'assit pour se reposer... sur le rocher même où les petits garçons s'étaient cachés ! Accablé de fatigue, il s'endormit en ronflant si effroyablement que les enfants eurent peur.

👢 Le Petit Poucet prend les bottes !

Le Petit Poucet dit à ses frères de s'enfuir. Puis il s'approcha doucement de l'ogre, lui tira ses bottes et les mit aussitôt. Les bottes étaient fort grandes et fort larges, mais comme c'étaient des bottes de fée, elles avaient le don de s'agrandir et de s'apetisser selon la jambe de celui qui les chaussait.

La fortune du Petit Poucet

Le Petit Poucet alla jusqu'à la maison de l'ogre où il trouva la femme qui pleurait auprès de ses filles égorgées. Il lui dit que l'ogre était en grand danger, pris par une troupe de voleurs qui avaient juré de le tuer s'il ne leur donnait tout son or et tout son argent.

La bonne femme, effrayée, lui donna aussitôt tout ce que l'ogre possédait. Le Petit Poucet, chargé de toutes les richesses de l'ogre, s'en revint au logis de son père où il fut reçu avec bien de la joie.

✨ FIN HEUREUSE

Grâce à son intelligence et à son courage, le Petit Poucet sauva sa famille
de la misère et ils vécurent heureux pour toujours.

Les leçons du conte

  • L'intelligence vaut mieux que la force : Le plus petit et le plus faible a sauvé tous ses frères grâce à son esprit vif.
  • Ne jamais sous-estimer quelqu'un : Ses frères le méprisaient, mais c'est lui qui les a tous sauvés.
  • L'observation et l'écoute : Le Petit Poucet parlait peu mais écoutait beaucoup, ce qui lui a permis d'anticiper.
  • Le courage et la débrouillardise : Face au danger, il a su garder son sang-froid et trouver des solutions.
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